2017 doit être l’année de l’humanisme numérique

2016 a été une année éprouvante. L’Occident prend malheureusement la mesure de ce qui pour beaucoup ailleurs constitue le quotidien. A regarder le classement des pays les plus heureux du monde pourtant, on se sent plutôt bien lotis. La France peut-être, fait figure d’exception en se classant trente-deuxième seulement.

Mais ne nous mentons pas : 2016 a été une année difficile. Pour autant, une année dit beaucoup et en même temps si peu de l’Histoire. En tendance, on nous dira que la pauvreté diminue, que la peine de mort recule, que les guerres font moins de morts en volume. En ce qui concerne les univers numériques en revanche, la rétrospective 2016 est édifiante : les droits fondamentaux subissent des attaques qu’il faut analyser avec froideur. Courtement : le monde numérique qui vient peut être magnifique si nous ne cédons pas à la tentation de la connexion de tous contre tous.

2017 doit être l’année de l’humanisme numérique

En 2017, il faudra continuer à se demander où va le web ! Bien sûr, nous avons tous la réponse à cette question : le web nous oriente vers le terrain politique, celui des choix de société, des voix citoyennes.

En 2017, plus que jamais, nous devrons être acteurs de notre futur, ce qui commence probablement par opérer en conscience des choix technologiques réfléchis, ce qui peut impliquer que ces choix ne soient pas toujours d’ordre technologique. Pour ce faire, nous devrons prêter l’oreille aux signaux faibles qui nous chuchotent que si progrès technique et progrès social peuvent marcher cote à cote, le premier peut aussi nuire au deuxième.

En 2017, nous devrons ne pas céder aux illuminations que produit la technologie, mais bien réfléchir à ses meilleures applications possibles. Depuis que l’on mesure le rôle de l’innovation, ses objectifs pour le public n’ont pas changé : rendre la vie plus simple et qualitative, améliorer les rapports entre les gens et le sort de la planète. Ce sont là des invariants qui mettent au rebut nombre de gadgets connectés qu’on gratifie pourtant quotidiennement au nom d’une sacro-sainte injonction à entreprendre « pourvu que ça créée de l’emploi ». Chacun peut aujourd’hui différencier l’entreprise qui contribue au bien commun de celle qui détruit l’environnement et les hommes.

En 2017, il faudra mettre en lumière ceux qui font vraiment bouger le monde et qui ne sont pas toujours là où on les soupçonne. Ceux-là ne font pas les unes des journaux adeptes des « transitions », « révolutions », ou « transformations » numériques que l’on sert à toutes les sauces et que l’on peine encore à définir. Ces mystères sémantiques cachent parfois les vrais héros.

En 2017, nos réalisations, les miennes, les vôtres, devront intégrer les critiques qui émanent de nos sociétés, de nos philosophes, des jeunes générations. Cette planète qui fond à vue d’œil est le reflet direct de nos modes de consommation. Dans une certaine mesure, l’effroi qui nous saisit devant cet ours blanc perdu sur la banquise et notre propension à changer de téléphone tous les ans participent du même mouvement. Il nous faut relier les points !

En 2017, les technologies « smart » devront mériter leur nom : faire grandir notre humanité et non pas utiliser nos données comme de simples moyens pour enrichir quelques sociétés. Certains, comme Milad Doueihi, appellent de leurs vœux un « humanisme numérique », j’y adhère à 100% pour ma part, j’y place sans doute une définition toute personnelle en construction permanente. C’est pourquoi en 2017, Mais où va le web ? et d’autres lancent le collectif Le Mouton Numérique pour débattre de toutes ces questions.

Pour 2017, je vous souhaite un maximum de lumière sur votre vie numérique !

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