Pourquoi je blogue ? [passage sur le divan numérique pour le 50ème billet]

Blog psychanalyse

« Tout ce qui n’est pas donné est perdu. » 

Steve Jobs.

***

Attendez, non, c’est pas Steve Jobs qui a dit ça !

Bon, disons Victor Hugo. Oui, c’est bien Victor Hugo.

Ou Sophocle ?

Ainsi va le web en 2015 et probablement pour quelques années encore. Et il ne faut pas s’en plaindre. Si Internet a démocratisé une forme de culture et ouvert les bras à tous ceux qui voulaient écrire, lire et parler, alors Internet est une bonne chose. Cependant, l’accès totalement démocratisé au web drague son lot de ratés, de lapalissades et autres idioties auxquelles il faut désormais s’habituer.

C’est pourquoi je m’y suis mis aussi… à faire du web. A faire mon web. C’était il y a 50 billets, pour être exact, je fête ici un demi siècle. Et comme tous les blogueurs qui tranchent leurs vies et sacrifient des soirées pour un dîner aux chandelles avec leur clavier, je me devais de faire cette introspection pour comprendre pourquoi diable je me suis fourré là-dedans ! Pourquoi je blogue ? Mais où va le web passe donc sur le divan du psy du net, ce personnage conceptuel dont nous avons tous besoin.

yeux de freud

 Le psy du net |  Alors, qu’est ce qui vous amène dans la blogosphère ?

 Mais où va le web  Je crois que je suis là parce qu’à la base, je n’aime pas beaucoup les blogueurs. Ou au moins l’image qu’ils renvoient. Ils ne sortent plus le nez de leurs réseaux sociaux et se sont totalement vendus aux marques. Ils ont perdu toute indépendance et passent leurs vies à cirer les pompe d’Apple et consort. La plupart ne sont même pas payés pour le faire, c’est affligeant.

Bon, on me rétorque souvent que les artistes de la renaissance avaient des mécènes, et puis il y a eu Andy Warhol qui a révolutionné les rapports entre art et publicité. Mais bon, tout le monde n’est pas Andy Warhol, ni Léonard. Bref, je voulais faire quelque chose de différent, écrire sans arrières-pensées.

 Le psy du net |  Vous m’avez l’air bien énervé, pourquoi passer autant de temps sur Internet si ça vous agace ?

Parce que j’en suis complètement accro pardi ! Mes yeux se sont posés sur le web en 1998, impossible de s’en décoller depuis. Et bien sûr, je trouvais que ce web-là manquait cruellement de critique du numérique, de critique des nouvelles technologies. L’innovation, tout le monde semble s’y complaire et personne n’en comprend les enjeux. Certes, ça m’agace, mais le blog est un bon thérapeute, enfin je dis pas ça pour vous hein…

Je crois que sur Internet, nous sommes tous des mini-ponts « vers et depuis » à travers lesquels transitent les idées. C’est pas grand chose, mais c’est déjà ça. Une exutoire efficace et un tremplin pour les idées.

 Le psy du net |  Tant que j’y pense, ça ne vous gêne pas de faire les questions et les réponses ? 

Ouais, c’est un peu bizarre de s’interviewer, mais je crois que blogger c’est se regarder dans un miroir, parfois, alors autant l’assumer. D’ailleurs je l’ai déjà dit, j’ai un sérieux problème d’identité, je ne sais jamais si je dois dire « je » ou « il ». Le « il » est hypocrite, parce que je parle quand même de moi, alors pourquoi faire semblant ? Et le « je » ! il est totalement égocentrique. Les réseaux sociaux sont des poubelles à « je », on n’y voit jamais un seul « on ». Enfin, je dis ça…

Par contre, le fait de s’auto-interviewer présente certains avantages, par exemple, je me demande en ce moment même si l’effet de ce billet est réussi ou pas. On ne se pose pas souvent ce genre de questions à l’écrit ouvertement.

 Le psy du net |  (lève les yeux au ciel) Mmmh, intéressant. Mais tout ça ne nous dit pas vraiment pourquoi vous écrivez…

En fait, j’écris avant tout ce que j’aurais aimé lire. Tant mieux si ça plaît. Et de toute façon ça finit toujours à plaire à quelqu’un, on ne peut pas ne pas plaire à tout le monde. Je ne dirais pas que je n’écris pas pour être lu. C’est toujours agréable d’être un peu lu, c’est bon pour l’égo.

Un commentaire positif, ça vous regonfle son blogueur. Un commentaire négatif aussi d’ailleurs, on se sent exister. Et puis tout ce qui n’est pas donné est perdu, c’est dans la chapô.

 Le psy du net |  Ah, donc il y a aussi du positif sur Internet ?

Oui. Mais dans l’ensemble, je trouve que c’est plutôt négatif. Ca ne veut pas dire grand chose mais c’est le sentiment que j’ai.

 Le psy du net |  (agacé) …Mmmoui. Et c’est quoi ce négatif au juste ?

Le négatif, c’est l’émerveillement sans réflexion devant la technologie. Le futur qu’on veut nous vendre me répugne, il sert des intérêts privés et pas un bien commun. Tout ça est relayé par ces sacs à pubs d’influenceurs qui ont pris la détestable habitude d’aplanir cent ans de sciences humaines en un Tweet imbécile par pur souci de simplification. Et le plus grave, c’est qu’il y a des gens pour retweeter.

J’écris parce que je ne veux pas me rendre à l’ordre des choses, et le blog est un excellent moyen de parler sur Internet. Un blog, ça permet de se défaire d’une partie des plates-formes par lesquelles il faut systématiquement passer pour trouver de l’information, Facebook, Twitter et leurs copains prennent un chouia trop de place pour être vraiment honnêtes.

 Le psy du net |  Mais alors, vous vous sentez investi d’une mission c’est ça ?

Moi tout seul ? Non. Je crois vraiment que le web, c’est ce qu’on en fait, il faut se l’approprier, y « planter sa tente » disait un blogueur. Je crois que si on n’occupe pas le terrain, on va se le faire piquer. Il faut tisser des liens, faire notre web contre ceux qui « font le web ». J’aimerais ne pas penser le web qu’en terme de rapport de force, mais je ne peux pas m’en empêcher. Internet est avant tout un espace public, un espace de savoir et de dialogue. Pas une rue commerçante.

Et puis il faut conserver un esprit critique, un blog c’est pratique pour ça, c’est comme l’école, on y apprend énormément. On comprend l’envers du décor, les mécanismes sous jacents, les rouages, on touche au code. Et puis ça aide à penser, à faire penser. Vous savez, penser est un muscle qui se flétri quand on ne l’utilise pas.

 Le psy du net |  (franchement énervé) Vous n’avez pas pas l’impression de débiter pas mal de banalités ?

Euh, vous n’avez pas l’impression de sortir de votre rôle ?

 Le psy du net |  (tousse dans sa main) Erm. Pardon, donc, ce cinquantième billet, vous le prenez comment ?

Ben, c’est un petit évènement quand même !  Parmi les blogueurs, on ne peut pas dire que je sois très prolifique, la plupart écrivent plus que moi. Pour Mais où va le web, 50 est un gros numéro. En fait, je sens comme une nouvelle jeunesse m’envahir, il m’arrive fréquemment de me demander pendant combien de temps encore je bloguerai. Je n’ai pas la réponse à cette question, mais je repartirai bien pour pour 50 autres billets.

*** Merci à tous ! ***

2 comments

  1. *clap* *clap* *clap*
    Bravo pour ce chemin parcouru. Tu as apporté quelques pépites d’intelligence sur le tas de boue, c’est un succès en soi. C’est peu, bien sûr, mais c’est déjà au dessus du rien.

    « Rejoins-moi mon fils, et ensemble nous régnerons sur la galaxie ! » (Gandhi)

    Ah, et…
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