Les nouveaux loups du web [documentaire]

les-nouveaux-loups-du-web-cover

Le droit à la vie privée est-il mort ? C’est bien le propos de ce documentaire réalisé par Cullen Hoback et diffusé aux Etats-Unis dès 2013. Le long-métrage retrace l’histoire de nos données personnelles dans les méandres du web depuis quelques années. A partir du 06 janvier 2016, Les nouveaux loups du web sera diffusé dans plusieurs salles de l’hexagone et enfin traduit dans la langue de Molière.

Si le titre français tranche avec l’intitulé anglais Terms and conditions apply, c’est peut-être parce qu’il souhaite faire écho au documentaire Les nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre qui faisait état des connivences entre les médias et le pouvoir. C’est dans le même esprit que Les nouveaux loups du web adresse le sujet de la confidentialité de nos données et des liens plus ou moins obscurs entre les grandes compagnies américaines (mais pas que…) et les agences de renseignement comme la NSA (mais pas que…).

Les nouveaux loups du web, de quoi ça parle ?

« Rien de ce qui est numérisé n’est privé » lance un intervenant interviewé par Cullen Hoback, il pourrait bien avoir résumé en une phrase tout le propos du documentaire. Celui-ci est nourri de témoignages de célébrités (Ray Kurzweil, Moby, mais aussi Hugh Grant et Chris Andersen de la revue Wired) et illustré de nombreux cas où des individus sans histoire ont été appréhendés par les autorités pour un Tweet innocent, un message sur Facebook, et ce sans même savoir qu’ils étaient espionnés. Ces abus de pouvoir ne sont pas sans rappeler les quelques bavures qui ont eu lieu suite à l’Etat d’urgence récemment promulgué en France (voir la liste établie par La Quadrature du Net).

Les nouveaux loups du web au cinéma

Tout au long du documentaire Les nouveaux loups du web, une voix off nous explique comment nous laissons les conditions générales d’utilisation de nos services préférés nous dicter les règles d’un monde qui voudrait tout prévoir et anticiper. Anticiper les menaces terroristes, anticiper les besoins du marché en produits et services, en somme : prévoir les pulsions de tout un chacun et établir des « schémas comportementaux ».

Certains, comme John Kerry, défendent néanmoins que « la protection de la vie privée n’est pas incompatible avec l’innovation » mais ils sont encore loin de faire l’unanimité. Et pour cause, le véritable contexte de paranoïa post 11 septembre semble justifier une fuite en avant vers un scénario à la Minority Report, film dans lequel un programme « Precrime » est en mesure d’arrêter un crime avant qu’il n’ait eu lieu, le rêve de toute agence de sécurité qui se respecte.

S’il faut retenir quelque chose de Les nouveaux loups du web, c’est que personne n’est à l’abri d’une erreur judiciaire et que nous sommes tous écoutés ou lus d’une manière ou d’une autre. Rien de nouveau sous le soleil cependant, les utilisateurs ont pris conscience qu’ils étaient espionnés il y a un moment, et n’en changent pas pour autant leurs habitudes de navigation. Les usages ont la vie dure et les alternatives (notamment du côté du logiciel libre) peinent encore à se faire connaître du grand public.

Quoi qu’il en soit, si vous pensez que vous n’avez rien à cacher, réfléchissez-y à deux fois avant de vendre (gratuitement) votre vie entière à des marchands de surveillance et allez voir Les nouveaux loups du web de toute urgence.

Pour aller plus loin :

  • Le site officiel du film (version US).
  • Le dossier de presse (sur Dropbox, on n’est pas à une contradiction près).
  • Pour connaître l’état des diffusions en France, rendez-vous sur ce site.
  • Pour commencer à utiliser des services qui ne vous espionnent pas, rendez-vous sur le site de Framasoft.

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>