Merci pour ces moments numériques : la retrospective 2017

Comme chaque hiver, voici ma traditionnelle retrospective de l’année écoulée… en quelques événements clés.

Faut-il le préciser, cette liste en dit probablement plus sur moi que sur ce qui s’est vraiment passé d’important pour les gens. N’y voir donc, aucune prétention à l’exhaustivité ou à la représentativité de quoi que ce soit. Mais quand même un peu. En dehors des habituelles bullshiteries, une année sous le sceau de la surveillance de masse et de la prise de conscience. C’est comme si le monde essayait très très fort de ressembler le plus possible à Minority Report, non sans quelques envies de vomir. A mettre en regard avec les retrospectives 2015 et 2016.

06 janvier, au CES de Las Vegas, François Fillon assure avoir avoir permis l’émergence d’Internet (par là), internet se venge (et Manuel Valls en profite pour faire son malin, il ne devrait pas).

30 janvier, sortie officielle de ce qui est probablement le meme de l’année : Distracted Boyfriend : « disloyal man with his girlfriend looking at another girl. »

https://twitter.com/MaisOuVaLeWeb/status/915483645510586370

20 février, c’est le lancement tant attendu du Mouton Numérique, la foule est en délire, Twitter explose. A ceux qui se demandent encore pourquoi un Mouton, réponse ici :

Dessine-moi un Mouton (Numérique)

08 mai, AirBnb lance « Experience », en plus de l’appart, le propriétaire vous organise des soirées, visites, etc. On monétise le lien social et ça n’est que le début.

12 mai, une attaque d’ampleur « WannaCry » infecte des dizaines de milliers d’ordinateurs. Un problème de mise à jour sur windows.

12 mai, c’est le premier colloque « design éthique » en France, à l’ENS Lyon. A l’initiative de l’association Designers éthiques. Leurs objectifs est d’alterter l’opinion sur le caractère manipulateur des interfaces numériques.

13 mai, Un selfie du président Macron est détourné, ce qui donne des situations plutôt rigolotes (il existe même site https://www.macronselfiegenerator.com/).

31 mai, Donald Trump twitte « Covfefe », on aura bien rigolé ce jour-là. Attention tout de même il a le doigt sur le bouton de la bombe atomique.

 26 juin, La poste lance le service « veiller sur mes parents » et facture le lien social (Contre 19,90 par mois, le facteur prendra un café par semaine avec votre grand-mère). Certains diront que c’est une plongée dans les eaux glacées du calcul égoïste (décidemment, c’est la mode). Pour d’autres, c’est juste une façon de s’uberiser avant que les autres ne le fassent. Réaction d’une ex-factrice sur StreetPress.

2 août,  la planète vit à crédit  : c’est le traditionnel « jour du dépassement », nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la planète peut produire en une année.

21 août, buzz autour d’un service en ligne qui vous avertit si « votre fils est gay ».

23 août, Numerama publie une enquête très partagée et qui comment les applications de nombreux médias français suivent leurs utilisateurs sans leur consentement.

25 août, Caroline Sinders, designer, se fend d’une lettre ouverte à Elon Musk (Paypal, Tesla) qui s’inquiète de l’essor des robots tueurs alors qu’il est un des principaux financeurs de l’IA. Je l’ai traduite ici.

28 août, les salariés de la plateforme de livraison Deliveroo se mettent en grève, « On est des esclaves modernes. »

12 septembre, Tesla allonge l’autonomie de ses voitures pendant l’ouragan Irma. Normalement c’est 7000 euros, tout le monde découvre le business model. Lire l’analyse d’Olivier Ertzscheid…

22 septembre, Uber perd sa licence à Londres : la Régie des transports dénonce son manque de « responsabilité » sur les questions de « sécurité. »

27 septembre, c’est la première conférence de CoopCycle, (la coopérative de livreurs qui lutte contre le modèle Deliveroo), ça va faire date.

02 octobre, six centres de distribution Amazon entrent en grève.

11 octobre, ne boudons pas notre plaisir, Uber est sommé (au Royaume-Uni) de considérer ses chauffeurs comme des employés et de les rémunérer en conséquence.

19 octobre, Le hashtag #balancetonporc fait la Une de Libé. Les langues se délient, le harcèlement sexuel revient sur le devant de la scène et on espère qu’il ne la quittera pas de sitôt.

21 octobre, Wired sort une enquête très complète sur le « social credit system » en chine, un système qui attribue une bonne note aux citoyens grâce au suivi de leurs actions mises en données. J’en ai parlé ici.

24 octobre, polémique autour d’une startup qui invente une appli « pour noter les gens ». Une poutre dans le (grand) oeil occidental.

13 novembre, Facebook dépublie la page de Firerank, média qui jouait avec l’algorithme du réseau social pour générer une audience considérable. Les règles changent et tout s’effondre : « Nous n’avons eu aucun contact, aucun lien. Pas un coup de téléphone » témoigne le fondateur. Les mauvaises langues diront que ça leur pendait au nez.

21 novembre, on découvre que Google reçoit des données géolocalisées de ses utilisateurs même lorsque ceux-ci ont désactivé la fonction « géolocalisation. »

6 décembre, le député En Marche Cédric Villani lance une consultation sur l’intelligence artificielle. Vous allez vous faire manger mais vous pouvez encore choisir la sauce.

12 décembre, Le Figaro rapporte qu’un ancien cadre de Facebook déclare regretter avoir contribué à créer un outil « qui déchire le lien social ». Il rejoint la petite cohorte des anciens-qui-regrettent et ça commence à devenir un peu embêtant pour le réseau social. Par là.

14 décembre, la Commission fédérale des communications met un terme aux Etats-Unis à la neutralité du net (la garantie d’un traitement égal des flux de données par les opérateurs). Lire aussi ce message très clair d’Henri Verdier sur la question. Sinon, le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Majoubi, fait une promesse que nous n’oublieront pas.

19 décembre, voir le CNnum… et mourir. Après la demande de Mounir Majoubi de faire sortir Rokhaya Diallo du conseil, la présidente Marie Ekeland présente sa démission. Elle est suivi de 20 autres membres (sur 30). Le Monde sort ce petit article qui nous rappelle que de toute façon, le CNnum ne servait pas à grand chose.

22 décembre, Apple est accusé de ralentir ses anciens modèles de smartphone, des mises à jour nécessaire selon la marque à la pomme (notamment pour limiter l’épuisement de la batterie), même si ça ressemble quand même beaucoup à de l’obsolescence programmée.

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