L’intelligence Artificielle en BD [des robots et des bulles]

Cover-IA

L’intelligence artificielle marche sur nos plate-bandes. De la victoire aux échecs de Deep Blue au siècle dernier à la récente performance d’Alpha Go dans le jeu éponyme, en passant par l’arrivée d’une foule d’agents conversationnels robotiques (ou chatbots) dans les entreprises, on constate que nos amies aux cerveaux de silicium ont clairement le vent en poupe. Gonflées de leurs égos surdimensionnés, les « IA » s’offrent au passage une place de choix dans les revues vulgarisatrices, les blogs passionnés et maintenant, les bande dessinées.

Chez Le Lombard, La petite bédéthèque des savoirs s’est donné pour objectif de réunir un spécialiste et un dessinateur autour de thèmes encore inexplorés – ou presque – par la bande-dessinée. La collection se veut didactique, ludique, et ouverte à tous les champs disciplinaires.

Pour ma part, j’ai dévoré l’oeuvre de Jean-Noël Lafargue et Marion Montaigne, qu’on ne présente plus (d’ailleurs, s’il faut encore vous la présenter, je vous suggère de commencer par cette petite merveille).

Renouer avec l’histoire de l’intelligence artificielle 

Ça n’étonnera personne, l’intelligence artificielle n’est pas née toute seule en une nuit sauvage comme dans le film Terminator. Si l’ouvrage multiplie les petites références à la science-fiction, on y retrouve aussi les grandes étapes qui l’ont aidée à émerger depuis Shannon jusqu’à Wiener, en passant par le célèbre Turing et son fameux test.

Histoire-de-l'intelligence-artificielle-image-IA

La bande-dessinée n’oublie pas non plus de mettre le sujet en perspective avec les dernières avancées du domaine, du Siri d’Apple à l’Atlas de Boston Dynamics, le spectre est large. De son côté, Jean-Noël Lafargue décrit son apport comme celui de quelqu’un inspiré par « l’imaginaire qui entoure l’informatique », et il faut admettre que la mayonnaise prend sacrément bien entre l’expert et la créative.

Présenter les polémiques, aplanir les fantasmes

L’intelligence Artificielle en BD est aussi l’occasion pour les auteurs de présenter avec humour les grands concepts qui entourent le sujet. Ainsi, on y retrouve la Vallée de l’étrange telle que théorisée par Masahiro Mori qui déclare en substance que plus un robot est physiquement proche d’un humain, plus ses imperfections paraissent monstrueuses !

Planche ValléeLa courbe dans la vraie vie (c’est quand même moins fun)

Vallée de l'étrange image

Enfin, on n’omet pas de saupoudrer le tout de quelques passages relatifs aux polémiques sur l’intelligence artificielle (est-elle dangereuse ? Va-t-elle nous remplacer, aura-t-elle envie de nous manger ? De nous faire la guerre ?). Même si Bill Gates et Stephen Hawking semblent redouter l’avènement de l’IA dans le futur, selon Yann Lecun, du Collège de France, nous sommes encore loin de produire des machines aussi intelligentes qu’un humain ou même qu’un rat. Les machines n’ont pas encore de « sens commun » et n’intègrent la réalité que quand celle-ci est réduite à un environnement fermé.

Bref, vous l’aurez compris, je fais sans complexe une petite publicité gratuite à ce bouquin à mettre entre toutes les mains, et comme un beau dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse avec nos amis les robots.

L’Intelligence artificielle, par Marion Montaigne et Jean-Noël Lafargue, éditions du Lombard, collection « La petite Bédéthèque des Savoirs ». Parution le 4 mars 2016. ISBN 9782803636389

2 comments

  1. Intéressant tout ça ! Par contre en voyant la conclusion sur le fait que nous sommes loin de produire des machines aussi intelligentes qu’un humain ou même qu’un rat, je repense à un article que j’ai lu il y a peu sur les ordinateurs quantiques qui ont des capacités d’analyses exponentielles par rapports à nos chers vieilleries qui marches aux bits.
    Et là je me dis est-ce que ça va être si long que ça ?

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    • Difficile à dire. Dans les couloirs de Google, on dit que le robot humain est pour 2045. Philosophiquement parlant, un certain Gilbert Simondon disait qu’en l’absence d’empathie, une machine ne serait jamais humaine. Inéxorablement, les machines seront de plus en plus rapides, intelligentes, etc. Je dirais que finalement, la question n’est pas de savoir SI elles nous dépasseront, ni même quand, mais surtout pourquoi. Et enfin comment intégrer ça dans notre présent bien à nous. Quand on voit l’impact d’un Uber sur l’économie dans certains secteurs, difficile de croire à une progression graduelle et en douceur de l’IA. Il y aura des remous (il y en a déjà), à nous de ne pas faire n’importe quoi.

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