Disruption protestante : faire atterrir les fausses fusées de la “start-up nation”

J’ai écouté avec un grand intérêt le premier épisode de Disruption Protestante, un podcast que réalise le journaliste Antoine Gouritin. En un mot, Antoine plonge en pleine « startup-nation » en quête des éléments de langage, esbroufes et autres absurderies digitales et disruptives.

Passionné par les nouveaux usages du son (audio narratif, son 3D) et de la réalité augmentée, Antoine a travaillé pendant 4 ans sur des projets numériques culturels pour de grandes institutions françaises et nord-américaines. Il développe de nouvelles expériences sonores dans des domaines variés. Disruption Protestante est sa première intrusion dans le monde du podcast qui lui permet de proposer une vision différente et grand public des nouvelles technologies sur un format à l’américaine encore peu entendu dans nos contrées.

Je laisse Antoine présenter plus avant son projet :

Le message de la scène tech française est de plus en plus brouillé par la communication politique, les discours des hérauts de la “transformation digitale” et autres instances chargées – sur le papier – d’aider les boîtes technologiques françaises.

J’entendais récemment un responsable de la communication d’une French Tech régionale affirmer que ce qui a lieu dans son « totem » (nom donné par la French Tech à son bâtiment) “ne regarde pas le quidam qui fait ses courses au centre commercial du coin”, et ce quand bien même 900 000 euros de deniers publics y étaient déversés. Il se reprenait de suite, non pas pour revenir sur cette déclaration, mais pour ajouter qu’à la limite, le seul sujet digne d’intérêt pour le grand public était celui de l’emploi : les start-ups embauchent et c’est tout ce qu’il fallait comprendre.

En rencontrant de nombreux entrepreneurs, je me suis rendu compte qu’ils ne partageaient pas toujours cette vision. Loin s’en faut. Leur caractéristique commune tient avant tout dans le fait qu’ils ont une boîte à faire tourner, des clients à trouver et satisfaire puis des salaires à payer. Ce faisant, il reste peu de temps pour faire de la pédagogie à l’extérieur. Le résultat : une grande partie de la population française ne sait pas ce qui est à l’oeuvre à l’intérieur de cette « startup nation » alors même qu’elle la finance en partie. Est-ce là la fracture entre « ceux qui ne sont rien » face à ceux qui ont réussi ?

Par ailleurs, cet isolement relatif ne bénéficie pas au milieu des startups ni à ses entrepreneurs. Pas plus qu’à tous les jeunes qui s’engagent dans l’entrepreneuriat, éblouis par les annonces de levées de fonds et autres promesses d’argent facile. Disruption protestante n’est pas là pour jeter le bébé avec l’eau du bain. Il s’agit plutôt de faire atterrir les fausses fusées, de dompter les licornes boiteuses pour faire sortir du bruit médiatique les vrais enjeux et mettre en avant des projets qui ne sont pas que de la poudre aux yeux. Derrière les buzzword, les pseudo-disruptions (« cheese tech », ou « révolution des croquettes pour chien »), quelques pépites qui ont vraiment de l’impact sur la société méritent d’être entendues.

C’est l’objectif que je me suis donné avec Disruption Protestante. Au cours de ces 8 épisodes, je vais tendre le micro à des entrepreneurs qu’on entend trop peu. Le plus simplement et factuellement possible.

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